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La modélisation d’une maladie transmise par les tiques pour comprendre la propagation de l’agent pathogène et tester des scénarios de maîtrise : exemple de la babésiose bovine

Le : 27/04/2012 11h00
Par : Thierry Hoch (INRA-Oniris Nantes)
Lieu : I 103
Lien web :
Résumé : Les maladies vectorielles représentent des maladies de grand intérêt en santé animale et humaine, en raison notamment de la sensibilité des vecteurs aux changements liés au climat ou à l’utilisation des terres. Parmi ces maladies, les maladies transmises par les tiques tiennent un rôle majeur en Europe. Ainsi la tique Ixodes ricinus est le vecteur de nombreuses maladies affectant l’Homme ou l’animal (Borréliose de Lyme, Babésiose bovine…). La modélisation connaît un essor grandissant en épidémiologie car elle permet de comprendre les processus en jeu et de prédire l’évolution de la propagation d’un agent pathogène afin de tester des scénarios. Dans cet objectif, nous avons développé un modèle de propagation du protozoaire Babesia divergens dans un troupeau laitier. Ce modèle résulte du couplage entre un modèle de dynamique de population du vecteur et un modèle de propagation de l’agent pathogène. Le modèle de dynamique de population synthétise les connaissances sur l’écologie de la tique. D’après ce modèle, les mouvements des hôtes (rongeurs, chevreuils) entre différents habitats au sein d’un paysage permettrait la présence de tiques dans les pâtures. Ce modèle suggère donc que les bois sont une source de tiques pour les pâtures. D’après le modèle de propagation de l’agent pathogène dans un troupeau laitier, le chevreuil, considéré comme non compétent pour ce pathogène, a un rôle amplificateur. Ainsi, une augmentation de la densité en chevreuil entraîne une forte augmentation de la prévalence dans les troupeaux. La simulation d’un traitement acaricide montre une forte diminution de cette prévalence, même si celle-ci reste à des niveaux non négligeables. Un traitement acaricide annuel ne permettrait ainsi pas de contrebalancer l’effet d’une augmentation de la densité de chevreuils. Les résultats de ce modèle soulignent le besoin de relier propagation des agents pathogènes vectorisés, écologie du vecteur et dynamique des hôtes sauvages dans l’étude des maladies transmises par les tiques. Thierry Hoch, Julien Goebel, Albert Agoulon, Laurence Malandrin UMR1300 Oniris-INRA BioEpAR (Biologie, Epidémiologie et Analyse Risque en santé animale)